France sans armes nucléaires

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Manifestation du 27 février à Londres, contre Trident.

mercredi 1er juin 2016, par Marc MORGAN

J’ai participé à la grande manifestation contre Trident au centre de Londres le 27 février dernier.

Je n’ai pas vu d’estimations officielles ou officieuses du nombre de manifestants, mais très clairement il s’établit à plusieurs dizaines de milliers.

La manifestation était organisée par la Campaign for Nuclear Disarmament, mais avait également le soutien officiel de nombreuses organisations de la vie civile, religieuse et politique du pays – entre autres Greenpeace, les Verts, les Amis de la Terre, Pax Christi, les Quakers, les Baptistes , l’église d’Ecosse, les Méthodistes,.. Des représentants des partis travailliste, libéral-démocrate (centriste) et bien-sûr du SNP (parti indépendantiste écossais) et de Plaid Cymru (parti gallois) ont défilé sous leur propre bannière, voire ont pris la parole lors des allocutions qui ont clôturé la marche à Trafalgar Square. On notera notamment les interventions de Nicola Sturgeon, chef de file du SNP, et de Jeremy Corbyn, leader du parti travailliste.

Nicola Sturgeon est venue rappeler que la possession d’armes nucléaires est l’exception, non pas la règle, et fait des états dotés des états « hors-normes », pour le pire. Jeremy Corbyn a rappelé qu’il avait été élu à la tête de son parti, l’opposition principale du pays, sur un programme dont le désarmement nucléaire, unilatéral, était une composante essentielle et notoire.

La marche a démarré à Marble Arch, tout près de « Speaker’s Corner », lieu symbolique de la démocratie au Royaume-Uni, puisque c’est là que tout individu peut prendre la parole à tout moment, sur tout sujet (dans le respect de limites légales sur l’incitation à la haine, sur le racisme, …) ; des orateurs en herbe ou passionnés y haranguent les foules tous les weekends…

J’ai défilé initialement avec les Quakers, la dispersion de la foule m’a fait plus tard côtoyer des socialistes, des bouddhistes, des vieux routiers de la CND, et de nombreux citoyen-nes « ordinaires » proclamant une sensibilité nouvellement éveillée aux dangers du nucléaire. Le mot d’ordre était le non-remplacement de Trident, et la plupart des slogans et des affiches soulignaient l’argument financier en cette période d’austérité et de coupes budgétaires.

Certaines pancartes, et beaucoup de discours, ont toutefois également l’aspect éthique, et l’immoralité intrinsèque de la possession, de la menace, et de l’utilisation potentielle de l’arme nucléaire. L’aspect international n’était pas non plus négligé ; des pantins géants aux costumes sud-américains venaient rappeler que des continents entiers, de 600 millions d’habitants, ont pu se mettre d’accord pour vivre sans armes nucléaires…

Il s’agit de la plus grande manifestations anti-arme nucléaire depuis les années 1980. SI elle reflétait la diversité de la société britannique, l’accueil que lui a réservé la presse a aussi reflété ses divisions. Un vote sur le choix définitif du renouvellement de Trident doit intervenir dans les prochains mois. Quelques journaux, quelques partis politiques ont feint d’ignorer ou de minimiser le sentiment profond qui fait défiler des dizaines de milliers de personnes dans le froid de l’hiver. Mais au moment du vote au Parlemenet, il sera impossible de faire entériner une décision de renouvellement par la petite porte. Jeremy Corbyn et les nombreux parlementaires anti-Trident, dont certains défilaient sous une bannière « MPs (députés) against Trident ») forceront un vrai débat, au cours de laquelle la raison aura certainement l’occasion de se faire entendre.

Marc Morgan

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