France sans armes nucléaires

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Etienne Godinot

L’église catholique et l’arme nucléaire

Evolution depuis 1982

dimanche 25 décembre 2011, par Etienne GODINOT

La position de l’église catholique évolue vers une critique de plus en plus vive de l’arme nucléaire.

Pendant la “guerre froide”

En juin 1982, le pape Jean-Paul II a écrit : "Dans les conditions actuelles, une dissuasion fondée sur l’équilibre, non certes comme une fin en soi, mais comme une étape sur la voie d’un désarmement progressif, peut encore être jugée comme moralement acceptable." Malgré sa formulation confuse et ambiguë, cette phrase était une justification de la dissuasion nucléaire. Tous ceux qui en étaient les partisans n’ont pas manqué de saluer le "réalisme" du pape

Les évêques de France en 1983

Dans un document adopté par la Conférence épiscopale française le 8 novembre 1983 et intitulé Gagner la paix, les évêques français d’alors ont justifié en bonne et due forme la dissuasion nucléaire en reprenant à leur compte la "petite phrase" du pape. Une « note explicative » donnée à la presse par les évêques était très claire : « Une dissuasion est encore légitime. C’est pourquoi les nations peuvent légitimement préparer leur défense pour dissuader les agresseurs, même par une contremenace nucléaire. »

Le pape en janvier 2006

Dans son message du 1er janvier 2006, pour la célébration de la journée mondiale de la paix, le pape Benoît XVI plaide en faveur du désarmement nucléaire : « Que dire des gouvernements qui comptent sur les armes nucléaires pour garantir la sécurité de leurs pays ? Avec d’innombrables personnes de bonne volonté, on peut affirmer que cette perspective, hormis le fait qu’elle est funeste, est tout à fait fallacieuse ».

Septembre 2006

« Le désarmement doit comprendre tous les types d’armes, et devenir ainsi général, y compris l’objectif du désarmement unilatéral, qui revêt une grande valeur éthique et positive » Tarcisio Bertone, Secrétaire d’État du Vatican, devant les représentants du corps diplomatique accrédité près le Saint Siège, 29 septembre 2006

Mai 2010

« Aussi longtemps que les armes nucléaires existeront, elles permettront et même encourageront la prolifération. (…) Les doctrines militaires qui continuent à faire confiance aux armes nucléaires comme des moyens qui assurent la défense et la sécurité ou même le pouvoir retardent de facto les processus de désarmement et de non-prolifération. Archevêque Celestino Migliore, Observateur permanent du Saint Siège aux Nations Unies, 8ème Conférence d’examen du TNP, New York, 6 mai 2010

Mai 2010

« Nous pouvons légitimement, aujourd’hui, nous interroger sur la nécessité de posséder une arme atomique, car, à vue humaine, il n’y a pas d’ennemi réel (de toute façon, on ne lutte pas contre le terrorisme avec une bombe) » P. Michel Dubost, évêque d’Evry, ex-évêque aux armées, 10 mai 2010

Juillet 2011

« Les États dotés de l’arme nucléaire doivent remplir leurs obligations de négocier l’élimination totale de leur propres arsenaux s’ils veulent prétendre avoir une quelconque crédibilité lorsqu’ils demandent aux États non dotés de tenir leurs engagement à ne pas obtenir des armes nucléaires (…) L’illégalité de la menace et de l’emploi des armes nucléaires remet sérieusement en question la légalité de posséder des armes nucléaires » Archevêque Francis Chullikatt, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, New York, 1er juillet 2011

Voir en ligne : Le diaporama complet...

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